En bref — la prévoyance d'un travailleur non salarié ne remplace ni les droits du régime ni l'épargne : elle sert un revenu pendant l'arrêt, une rente en cas d'invalidité, un capital au décès. La vraie question n'est pas le tarif du contrat, mais le revenu qui disparaîtrait le mois prochain.
Prévoyance TNS : ce que le régime verse, vraiment
Un travailleur non salarié cotise à un régime obligatoire qui ouvre de vrais droits, mais calculés sur des bases basses et forfaitaires. Pendant un arrêt de travail, l'indemnité journalière ne suit pas le revenu déclaré : elle est plafonnée, versée à partir du quatrième jour, et limitée à 360 indemnités sur trois ans pour les artisans et les commerçants. En invalidité, la pension repose sur une fraction du revenu annuel moyen, avec un minimum et un maximum réglementaires. Au décès, le capital est forfaitaire.
Le résultat est simple à énoncer : le régime protège contre la perte totale de ressources, pas contre la perte de votre niveau de vie. Entre les deux, il y a un écart que seul un contrat complémentaire comble — ou votre trésorerie, si elle le supporte.
Trois chiffres à connaître
L'indemnité journalière tourne autour de 20 à 65 € brut par jour selon le revenu déclaré, soit à peine 600 à 2 000 € par mois, avant CSG et CRDS. La pension d'invalidité du régime se situe, elle, autour de la moitié du revenu annuel moyen, plafonnée. Le capital décès versé aux proches se compte en milliers d'euros, très loin d'une année de revenu.
Pour un artisan, un commerçant ou un gérant majoritaire de SARL à Lyon, ces montants se comparent directement aux charges fixes du foyer : loyer ou crédit immobilier, crédit professionnel, cotisations, écoles. C'est cette comparaison qui donne le besoin réel, pas un pourcentage générique.
Pourquoi l'écart se creuse dès le deuxième mois
Le premier mois, beaucoup d'activités continuent d'encaisser des règlements en cours. Le deuxième mois, les factures s'arrêtent et les charges restent. C'est exactement la période où l'indemnité forfaitaire devient insuffisante, et où une garantie mal réglée — 100 % du revenu mais après quatre-vingt-dix jours de carence — ne sert à rien.
Les trois garanties qui décident de tout
Pendant l'arrêt : carence, niveau, durée
Trois réglages décident presque tout. La carence : une garantie à 100 % qui démarre au quatre-vingt-dixième jour protège moins, quand la trésorerie ne tient pas trois mois, qu'une garantie à 70 % dès le quinzième jour. Le niveau : exprimé en revenu assuré, il doit correspondre à ce que vous devez payer, pas à ce que vous facturez. La durée : elle conditionne la reprise ou la reconversion, et se réévalue quand l'activité change.
Invalidité : lire la définition avant le tarif
L'invalidité se mesure soit par rapport à votre métier, soit par rapport à toute activité professionnelle. Deux définitions, deux réalités pour un menuisier ou une infirmière libérale : avec la seconde, un dos bloqué peut suffire à déclencher la rente, avec la première, il faut être incapable d'exercer votre métier. La rente est temporaire ou viagère, et se cumule avec la pension du régime.
Décès : ce que perçoivent réellement les proches
Le capital est fixé à la souscription : il ne suit pas la croissance de l'activité. Un emprunt professionnel, un bail commercial repris par le conjoint ou des enfants encore scolarisés changent le montant utile. La déduction Madelin allège les cotisations, jamais le capital versé : les deux sujets sont liés, ils ne se confondent pas.
Loi Madelin : ce que la déduction fait vraiment
Les cotisations de prévoyance complémentaire d'un travailleur non salarié sont déductibles du bénéfice imposable, dans une limite calculée sur le plafond annuel de la Sécurité sociale et sur le bénéfice : 3,75 % du plafond, majorés de 7 % du bénéfice imposable, le total étant plafonné à 3 % de huit fois le plafond. La déduction suppose d'être au régime réel et à jour de ses cotisations.
L'effet est réel mais souvent surestimé : déduire 3 000 € de cotisations ne fait pas économiser 3 000 € d'impôt, mais 3 000 € multipliés par votre taux marginal, plus les prélèvements sociaux sur la part non déductible. Sur une TNS imposé à 30 %, l'économie tourne autour de 900 à 1 000 €, pas davantage.
Ce que la déduction ne change pas
Elle ne réduit ni le montant du capital versé, ni la définition de l'invalidité, ni la carence. Un contrat médiocre reste médiocre, même déductible. C'est l'ordre de lecture à retenir : garanties d'abord, fiscalité ensuite.
Les cinq étapes du point prévoyance
- Vous indiquez prénom, nom, téléphone, e-mail et le point à vérifier
- Le rappel arrive sous 24 h pour cadrer statut, revenu et charges
- Vous transmettez vos contrats en cours et votre dernier avis d'imposition
- Les garanties sont comparées à charges égales, déduction Madelin chiffrée
- Les options arrivent classées : vous choisissez, sans relance
Rien n'engage : l'étude peut s'arrêter au rappel, sans justification à donner.
Le prix de l'étude et le coût du contrat
L'étude n'est pas facturée : elle est financée en amont et le rappel est compris. Le contrat, en revanche, coûte, et cela se lit avant de signer. Le tableau sépare ce qui est offert de ce qui reste à votre charge.
| Poste | Ce qu'il couvre | Coût pour vous |
|---|---|---|
| Étude prévoyance | Relecture des contrats, revenu à protéger, écart chiffré | Gratuit |
| Rappel de la conseillère | Cadrage du statut et des charges sous 24 h | Gratuit |
| Cotisation arrêt de travail | Revenu de remplacement après carence | Selon revenu assuré |
| Cotisation invalidité | Rente ou capital selon le taux retenu | Selon les garanties choisies |
| Cotisation décès | Capital versé aux proches | Selon âge et capital |
| Déduction loi Madelin | Part de cotisation déduite du bénéfice | Réduit le coût réel |
Trois situations à Lyon
Un gérant majoritaire de SARL, 3e arrondissement
Quatre mille euros de revenu mensuel, un crédit immobilier de 1 400 € et deux enfants. En arrêt trois mois, l'indemnité forfaitaire couvre environ un tiers des charges. Le besoin se chiffre à 2 500 € par mois pendant la carence, puis 1 500 € au-delà : c'est ce montant, et non un pourcentage, qui dimensionne la garantie.
Une infirmière libérale à Villeurbanne
Revenu variable, tournées quotidiennes, aucune possibilité de télétravailler. Un arrêt de six semaines signifie remplacement à payer et patientèle à reconquérir. La garantie utile associe une indemnité dès le quinzième jour et une rente d'invalidité définie par rapport au métier, pas par rapport à toute activité.
Un artisan menuisier à Oullins
Quarante-huit ans, métier physique, contrat de prévoyance jamais réévalué depuis 2012. Le capital décès de 30 000 € ne couvre plus le crédit de l'atelier. L'étude ne consiste pas à changer de contrat, mais à corriger trois lignes : capital, définition de l'invalidité, durée d'indemnisation.
Ce qu'un contrat TNS ne couvre pas
Ni la perte d'exploitation liée à une fermeture administrative, ni les charges de structure pendant un arrêt long, ni la reconversion professionnelle. Certains contrats prévoient une indemnité de remplacement ou une aide à la reprise : cela se vérifie dans les conditions générales, jamais dans la plaquette. Confondre ces garanties avec la prévoyance conduit à payer deux fois pour le même risque, ou à ne rien couvrir du tout.
Qui étudie votre situation
Je suis Corinne Morel et j'accompagne depuis onze ans des travailleurs non salariés dont les revenus avancent par à-coups, à Lyon et dans le Rhône. Je pars des contrats en place et de vos charges fixes, puis je chiffre le revenu perdu en cas d'arrêt, garantie par garantie. L'étude est gratuite et vous décidez ensuite, y compris de garder votre contrat. Faire chiffrer mes garanties — 06 12 03 44 52.